Cargaison de céréales au port de La Palice - Sica Atlantique La Rochelle   © Passion Céréales

Dossier

Export : où vont les céréales françaises ?

Passion Céréales

C’est une puissance céréalière reconnue sur les marchés internationaux, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif. Chaque année, la France exporte à travers le monde environ la moitié des grains qu’elle produit – soit 34 millions de tonnes lors de la campagne 2019/2020. Avec la capacité de répondre aux attentes très variées des marchés, de l’Union européenne à la Chine en passant par l’Afrique


Des champs de blé, d’orge ou encore de maïs… Au printemps et en été, les paysages de nos campagnes sont là pour nous le rappeler : la France est une terre céréalière. Une réalité que l’on retrouve dans les statistiques : lors de la campagne 2019/2020, pas moins de 9,4 millions d’hectares de céréales ont été cultivés, pour une récolte de 71 millions de tonnes. Cela fait de notre pays le premier producteur européen derrière l’Allemagne (44 millions de tonnes). Une production massive, et de qualité, qui permet à la France d’assurer pleinement son indépendance alimentaire. Le marché intérieur est le premier servi et consomme, chaque année, environ la moitié de la production.
Le reste des grains récoltés part à l’exportation. En 2019/2020, cela a représenté 34 millions de tonnes de céréales, ce qui fait de la France le 6e exportateur mondial. C’est un atout de taille pour l’économie nationale.

Tout d’abord en raison de leur qualité reconnue. Le blé tendre hexagonal est par exemple apprécié pour ses spécificités : il est, pour de nombreux pays, une matière première idéale pour la fabrication du pain type « baguette ». La diversité des types et qualités de céréales est un autre atout, permettant à la filière française de répondre aux multiples demandes de ses clients.

Autre point fort : la stabilité, de la production d’une part, mais aussi de la réglementation et le faible risque géopolitique, l’Etat n’intervenant pas pour limiter ou interdire les exportations. Elle est particulièrement rassurante pour les pays importateurs qui voient dans l’ « origine France » l’assurance d’un approvisionnement régulier, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif.

Enfin, la maîtrise logistique française constitue un atout majeur sur la scène internationale. Notre pays est, aux yeux des importateurs, un partenaire fiable. L’Hexagone dispose d’un important réseau de ports maritimes, de ports fluviaux et de ports secs, de Dunkerque à Sète, de Rouen à La Rochelle. Ils offrent des capacités de chargement importantes et des voies d’exportation sur toutes les façades maritimes du pays. La filière peut également s’appuyer sur de nombreuses infrastructures sur l’ensemble du territoire : plus de 7000 centres de collecte et/ou de stockage et de nombreux axes de communication. Le transport des céréales est réalisé majoritairement par route et, dans une moindre mesure, par voie d’eau et par rail. Des initiatives sont aujourd’hui prises pour développer les voies fluviale et ferroviaire.

L’Union européenne représente, au global, la première destination des céréales françaises. Elle a importé près de 17 millions de tonnes de nos grains en 2019/2020. Ils sont principalement acheminés vers les marchés frontaliers, avec des variantes géographiques selon les espèces. L’orge rejoint par exemple avant tout les marchés du nord de l’Europe : Belgique (1,74 million de tonnes), Pays-Bas (0,93 million de tonnes) et Allemagne (0,61 million de tonnes). Le blé dur français est exporté quant à lui en premier lieu en Italie (0,5 million de tonnes), le maïs en l’Espagne (1,34 million de tonnes).

Cette diversité des destinations illustre la variété des besoins des pays importateurs à travers le continent. Des besoins que la France est en capacité d’honorer. Pour le blé tendre, par exemple, les productions envoyées dans le nord de l’Europe (Belgique et Pays-Bas) sont avant tout orientées vers le marché de l’alimentation animale. Dans le sud de l’Europe en revanche (Italie, Espagne, Portugal), les exportations rejoignent en majorité les filières de la panification.

A travers ces exportations, la France des céréales démontre sa compétitivité. Et s’impose comme un acteur majeur sur le marché européen, comme l’illustre par exemple la filière maïs semence. Grâce  au savoir-faire français, notre pays en est le premier producteur mondial, mais aussi le premier exportateur (avec 164.500 tonnes expédiées). L’Union européenne (avec le Royaume-Uni) a absorbé 91 % de ces exportations durant la campagne 2019/2020. L’Allemagne, l’Espagne, la Pologne et l’Italie représentent les principaux débouchés du maïs semence produit dans l’Hexagone.

Une grande part du blé tendre exporté par la France prend le chemin de l’Afrique. 5,63 millions de tonnes ont ainsi été adressées à l’Algérie durant la campagne 2019/2020, 1,83 million de tonnes au Maroc. De fait, la demande venant des pays du Maghreb mais aussi de ceux d’Afrique de l’Ouest (depuis la Mauritanie jusqu’à l’Angola) est importante. Plusieurs explications à cela : tout d’abord des conditions pédoclimatiques qui limitent la production de céréales sur place. Si le blé français séduit depuis de nombreuses années ces pays, c’est aussi en raison des habitudes de consommation de leurs habitants. Le pain de type français y occupe une place importante, et la qualité des grains hexagonaux apparaît totalement adaptée à sa production. 

La France exporte également, dans de moindres proportions, du blé tendre en direction de l’Egypte et de pays du Proche et Moyen-Orient. Ces grains rejoignent des filières de panification pour la production de pains plats (le pain baladi en Egypte par exemple), pour lesquels la qualité des blés français est adaptée.

Dans le même temps, notre pays répond à des demandes en blé dur et en orge fourragère. Les blés durs prennent le chemin de pays du Maghreb pour la production de couscous (Algérie, Maroc), mais aussi de l’Egypte ou de la Côte d’Ivoire pour la confection de pâtes haut de gamme. La filière céréalière française exporte par ailleurs des orges fourragères en direction de l’Arabie Saoudite et, dans une moindre mesure, de la Jordanie et du Maghreb.

 

C’est l’un des faits marquants des dernières campagnes sur les marchés céréaliers : la demande chinoise est orientée à la hausse, et compte tenu du contexte géopolitique et phytosanitaire, la France fait partie des origines admises en Chine. Les exportations françaises vers l’Empire du Milieu se sont donc renforcées. Une telle évolution a été portée par différents facteurs conjoncturels en 2020. A commencer par la crise sanitaire, qui a pu inciter le pays à augmenter le volume de ses importations. Le renouvellement particulièrement rapide du cheptel porcin suite à l’épidémie de fièvre porcine a également impulsé un mouvement en ce sens. Dans le même temps, la politique commerciale des Etats-Unis menée sous la présidence Trump a conduit la Chine à diversifier ses approvisionnements.

La France a notamment su répondre aux demandes du géant asiatique en blé tendre. Sur la campagne 2019/2020, elle lui en a livré 1,62 million de tonnes. De quoi satisfaire les besoins très variés que peut avoir le pays, tant en alimentation humaine (confection de nouilles, pains vapeur…) qu’animale.

La demande a également été forte en orge (brassicole comme fourragère) lors de la campagne 2019/2020. Avec 1,5 million de tonnes livrées, la Chine représente d’ailleurs la première destination hors Union européenne des exportations françaises de cette céréale.